Connaissez-vous Mylène Gauthier, native de Pierrefond près de Montréal, au Québec ? Vous avez deviné, et sans doute son pseudo de Mylène Farmer sonne-t-il mieux. En tout cas, elle vit en France depuis l'âge de dix ans, et apprend très vite à façonner son image, puisque après avoir suivi trois années de cours d'art dramatique, elle devient mannequin. A 23 ans, en 1984, son premier coup d'essai dans la chanson, Maman a tort, fait un carton. Aux crédits de ce titre comme du suivant, Libertine, on note le nom de Laurent Boutonnat. Il va aussi réaliser le clip, puis tous les autres pendant plus de dix ans. Utilisant des moyens énormes comparables à ceux des longs métrages de cinéma (références volontiers à la clé, tel le Barry Lindon de Stanley Kubrick), le tandem joue à fond la carte d'un érotisme mystérieux, d'une espèce de romantisme trouble où l'héroïne mène les hommes à la baguette. Sur les musiques obsédantes de Boutonnat, la voix hétéro-sensuelle de Mylène fera le reste, et ses ventes de disques battront des records dès la fin des années 80. Imposant ainsi son image de clips en méga spectacles, sans pratiquement jamais apparaître sur les médias, elle cultive adroitement un mythe, suggérant des influences culturelles (Baudelaire, Edgar Poe), revisitant le Déshabillez-moi créé par Juliette Gréco, s'offrant un duo (en 1991) avec Jean-Louis Murat comme dix ans plus tard avec l'Anglais Seal (Les mots). Triomphant de Palais des sports en Bercy, radicalisant sang pour sang son image sexy au point qu'un de ses clips sera interdit. Le septième album intitulé "Point de Suture" (2008) retrouve les accents électroniques dansants, les ballades éthérées et l'esthétique troublante qui constituent depuis toujours la signature de l'artiste. Mylène entamera une tournée européenne à partir de mai 2009, ponctuée par les deux concerts événements au Stade de France le 11 et 12 septembre 2009.

